Villeneuve-lès-Avignon - Histoire artistique et monumentale d'une villégiature pontificale Agrandir

Villeneuve-lès-Avignon - Histoire artistique et monumentale d'une villégiature pontificale

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TITRE épuisé

n_44

9782858228300

416 pages
Format 21 x 27 cm
Bernard Sournia, Jean-Louis Vayssettes
Editions du Patrimoine 

Comment un rocher stérile face à la prospère cité d'Avignon prend rang pendant le Moyen Âge comme l'un des enjeux politiques les plus disputés des provinces du Sud.
Comment, la papauté ayant fixé son séjour d'exil à Avignon, Villeneuve se voit élue par la cour pontificale comme son lieu de villégiature préféré.
Comment enfin, sur fond général de décadence et de ruine après le retour de la curie à Rome, trois fondations religieuses réussissent à fixer à Villeneuve, à la fin du Moyen Âge puis pendant l'âge classique, une vitalité artistique de premier plan.
Croisant l'étude des textes anciens et l'observation archéologique, l'enquête, couche après couche, explore et met en lumière l'un des plus riches gisements patrimoniaux de la France méridionale avec, pour objet principal, la reconstitution du cadre matériel de la société curiale au temps de la papauté avignonnaise.

Extrait du livre :
Le pont d'Avignon

Le pont sur le Rhône, dont il s'agissait par ce châtelet de commander la tête languedocienne (p. 22, 72, 234), avait été détruit au moment du siège d'Avignon, en 12269. Les Avignonnais, désormais placés sous la co-seigneurie de Charles d'Anjou et d'Alphonse de Poitiers, frères de Louis IX, avaient su regagner la bienveillance royale et obtenir, en 1237, l'autorisation de le restaurer. Il s'agissait surtout de refaire les tabliers de bois, au nombre de vingt-deux, incendiés au cours du siège, et d'en reprendre les piles, toutes fort endommagées. Au lieu du grand appareil antique dont quelques vestiges subsistent sur les dernières piles orientales, on recourut pour la réfection à l'appareil moyen alors usuel dans la construction régionale. Le tablier, primitivement accessible par une rampe, côté avignonnais, se trouvait à une dizaine de mètres au-dessus de l'étiage et venait aboutir à flanc de rocher, sur la rive villeneuvoise, contre l'épaulement calcaire surplombant le fleuve en cet endroit. Le châtelet de Philippe le Bel, avec sa tour, est planté sur ce massif de roche vive dont on arasa les abords pour former, au sud de l'ensemble, un glacis battu depuis les archères de la tour. La situation, sur ce penchant de colline, imprimait à l'ensemble fortifié une forme des plus irrégulières : la tour a un plan rhomboïdal et la cour, assise sur une déclivité du terrain, était recoupée en plusieurs paliers reliés par des degrés taillés à même le roc, ainsi qu'en témoignent quelques vestiges et divers dessins anciens.
Avec l'installation de la cour pontificale à Avignon, et surtout avec le séjour régulier des papes Clément VI et Innocent VI sur la rive opposée, l'entretien sera constamment assuré et le pont soigneusement réparé et reconstruit. La Chambre apostolique finance même une part des travaux et commet à cette entreprise deux cardinaux possédant une demeure de l'autre côté du fleuve, Annibale di Ceccano et Bertrand du Pouget, tandis que les registres des introïtus et exitus évoquent régu­lièrement l'entretien des ouvrages de charpente. Il est question par exemple en 1346 de la «refectione et reedificatione pontis lignei Avinionis».
Ce pont allait être ravagé plusieurs fois par le feu au cours du schisme, et particulièrement pendant le siège fait à Benoît XIII, retranché dans le palais des Papes.

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